Conseillé par faskil, lors de ma découverte de Boards of canada. J’ai beaucoup écouté autechre ces derniers temps. plus particulierement leur deuxième album (enfin celui qui suit incunabula, dont je parlerais une autre fois ) : amber.
La première chose a dire au sujet de cet album est qu’il demande beaucoup du courage tellement la machine a pris le pas sur l’humain dans la musique d’autechre. Les beats sont minimaux, les mélodies déstructurés, les sons sont presque agressants pour l’oreille. Il faut de la concentration pour trouver ce qui se cache derrière ces superpositions de notes discordantes. D’ailleurs j’avoue aisément qu’aux premières écoutes, ce disque m’est apparu comme complètement stérile, vide et sans intérêt. Ouais carrément… ce disque est nul, fin de la review…
Mais non je déconne, restez la… heureusement je lui ai donné sa chance a plusieurs reprises ( et a plusieurs moments de la journée (si, si, ça compte) ). Et une nuit ce fut la révélation, alors que je n’écoutais plus vraiment la musique, J’ai l’impression de m’être endormi tout éveillé alors que j’écoutais les dernières notes de piezo…J’étais vraiment dans une sorte de transe euphorique. Et c’est a ce moment que je me suis rendu compte que ce disque est vraiment une incroyable experience si l’on a l’esprit suffisament ouvert pour oublier son minimalisme de surface et sa sonorité si dure. En fait il est completement bipolaire: contemplatif et rythmé, simple mais puissant, chaotique et mélodique a la fois. C’est fou, j’en vient même a préférer ce disque au dernier album de Lorie, c’est dire à quel point c’est bien.
Il s’agit évidement d’une musique très “mathématiquement” intellectuelle (et nan, c’est pas du rock, je vous sens décus la :) ), mais l’émotion n’est pas pour autant négligée bien au contraire. Pour capter vraiment ce qu’est amber, il faut se mettre dans de bonnes conditions : évitez le metro, la voiture ou la proximité de collègues de bureau un peu tatillons au niveau musical et préférez un samedi soir bien calme (passé a coder par exemple) a l’heure ou les rues noires et oranges ne sont plus peuplées que de poivrots, montez légèrement le son et laissez vous porter complètement sans chercher à dégager une quelconque structure ou même un sens à ce que vous écoutez… seul les sentiments comptent a ce moment la. C’est à ce prix seulement qu’on ressentira la nature différente de chaque morceaux (on reste dans le très sombre tout de même a quelques exceptions près), le fait qu’ils forment un tout cohérent à l’intérieur de l’album -que j’écoute toujours de la première à la derniére track (tout autre façon serait sacrilège). Contrairement a d’autres albums d’autechre “plus accessibles” (je mets entre guillemets, c’est du autechre quand même, ca reste rarement accessible :) ), les tracks n’ont pas forcement de but (de grande progression, de final grandiose) et ne drogue pas l’auditeur comme sur tri repetae (quoi que) mais procure quand même d’incroyables moments d’introspection.
En ce qui concerne l’ambiance de l’album. Là où boards of canada m’apportait souvenirs d’enfance et mélancolie, autechre n’apporte que pessimisme froideur et dépression. À par autechre je ne vois pas qui d’autre peut me donner ce sentiment d’horreur et de peur que l’on ressent sur certain morceau, c’est vraiment unique. Ca se glisse sous la peau, ça rampe dans le cerveau. C’est vraiment insidueux et c’est bon, oh oui que c’est bon de déprimer parfois.
En conclusion (ouais comme dans une disert), je pense que cet album est un des jalons de ma culture musicale, un classique écoutable à tout moment proposant un emerveillement immediat (passé les 25 premieres écoutes bien sur :) ), une espèce de blues electronique (ouais c’est un peu bizarre comme formulation). Il dispose d’une profondeur incroyable et je mettrais sûrement des années à le sonder. Ah la la, ces type sont vraiment des génies de la musique électronique ou des extraterrestres…ou les deux…ouais les deux.
Les moments fort de l’album : Piezo (un pur chef d’oeuvre) , Slip (la chanson la plus “joyeuse” de l’album), Nine (ne pas écouter en pleine dépression), Nil (d’une beauté incroyable, dixit moi même), Everslide ( elle m’évoque une chute dans le vide, mais je suis un peu fou en même temps), Teartear (lorsque je l’écoute et que je ferme les yeux je suis perdu au milieu du néant, seul)













1 Commentaire
Sur le même label : Warp Records, je te conseille vivement Aphex Twin, si tu ne connais pas.
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