Bonobo – Black Sands



Un nouvel album de Bonobo c’est à coup sûr plusieurs années de rotation d’un disque plein de sensibilité, de chaleur et de mélancolie. Je vous dis ça avec l’assurance de quelqu’un qui a douté, le temps de quelques écoutes, d’avoir trouvé un digne successeur à Days to Come, le précédent opus (meilleur album de 2006, haut la main), mais le doute n’a pas duré longtemps.

Avec Black Sands, Bonobo, aujourd’hui incontournable chez Ninja Tune, surprend beaucoup. N’hésitant pas a remmetre en cause un son que ses fans jugeront pourtant assez intemporel, Il réussi à intégrer des influences des plus actuelles, avec des beats très mis en avant, des voix samplés lourdement ou pitchés. Les influences de Flylo, Burial ou Four Tet sont passés par là bien sûr mais ç’est fait avec une apparente facilité. Entre dubstep, donc, free jazz, hip hop, electronica ou même fusion post-rock Simon Green connait sa partition sur le bout des doigts et il arrive presque à donner l’impression que rien n’a été ajouté à la formule magique alors que sous les nuages « fluffy » tout à changé. Prenons par exemple une chanson comme Eyesdown. Pour moi, elle fait bien plus que s’inspirer bêtement des beats dubsteps, elle en extrait une délicieuse syncope et la réintégre dans les codes et la luxuriance habituelle de Bonobo (pour se terminer en pornographie cérébrale) et même sur une track encore plus insistante rythmiquement comme 1009, les mélodies subtiles de Simon Green continue à pousser aux larmes alors que les beats nous invite pourtant à une grande braindance.

Finalement c’est en cela que cet album est un chef d’oeuvre, il mêle un passé samplé & sucré, un présent acoustique & mélodique et un futur rythmique & trippy, sans aucun raté, et une cohérence d’ensemble meilleure que celle de Days to Come. J’avoue également que la voix chaude d’Andreya Triana (dont Simon Green a produit l’album solo) ne gâche rien, bien au contraire, au plaisir presque inavouable qu’est Black Sands ( cf la vidéo ci dessous)

Pour conclure, noter que si l’occasion se présente IL FAUT voir Bonobo en full live, avec Simon Green jouant de la basse tandis qu’une dizaine de musiciens (chanteuse, claviers, guitariste, saxophoniste (miam), xylophone, violoniste, trompetistes, samples, percutionnistes…) s’occupe de faire vivre ses morceaux en acoustique. Plus de doute ensuite, Simon Green, c’est aujourd’hui, la classe d’un Jazzman, le talent d’un très grand producteur et les harmonies les plus douces et nobles que je puisse coller entre mes oreilles.

Bonobo – Black Sands [Ninja Tune]

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