Jónsi est Dieu
Je l’avoue : depuis l’annonce du projet solo de Jónsi, le chanteur à la voix de fausset de Sigur Rós, je suivais à reculons. Vous comprenez, je suis content qu’il s’amuse et fasse sa petite tambouille mais chaque minute passé sur ses projets persos est une minute qui aurait pu servir à créer le prochain Sigur Rós, c’est rageant !
Le premier single est apparu…. puis le deuxième… puis l’album. Ensuite, plus rien à faire : j’ai résisté un peu, j’ai trouvé des défauts, comparer avec les derniers Sigur Rós. Au final, je n’ai pu que résister « un peu », Go est irrésistible, imparable. Il y a trop de travail dans cet album, il y a littéralement 12 Jónsi dedans. C’est pop, c’est obscur, c’est lent, c’est rapide, parfois niais, parfois bizarre, joyeux mais dramatique aussi et grandiose, tout le temps.
Arrive ce soir et le live (au Bataclan). Ce concert m’a ramené à mon premier concert de Sigur Rós. même surprise, même émotion, le même coup de poing, K.O debout. Ce mec ne bosse pas dans la même cour que les autres. Je vais avoir beaucoup de mal à décrire l’expérience car s’en est une mais sachez que :
Premièrement, Go a beau être un « premier » album, le live est ambitieux, crée comme un « album » ou un projet à par entière, composés d’une bonne moitié d’inédits (et franchement pas des faces B) dont 1 track complètement nouvelle ce soir à Paris (cf la setlist). Ca, ç’est pour confirmer le côté bourreau de travail.
Deuxièmement, visuellement c’est le concert le plus « simple » et maitrisé que j’ai vu, un décor classe, des projections à tomber par terre sur chaque chanson : graphiquement réussis, détaillés, assez signifiantes et impressionnantes.
Troisièmement le son :
il y a une certain forme de « cacophonie » sur les instrus hyper exubérantes de Go et le chant est parfois assez filtré. Une fois en live l’album se transforme en un rayon laser de clarté et de pureté et par dessus, Jónsi empli de sa voix, de sa présence et de son charisme l’espace(1). Il envoie de très grandes décharges d’adrénaline, que ça soit seul au piano, accompagné d’un xylophone ou au milieu des coups de canon dantesque du batteur.
Plusieurs fois pendant le concert, le même schéma : trois grands frissons dans le dos, un haut le coeur qui surprends et les larmes qui montent aux yeux. Sur Tornado, sur l’enchainement Go Do, Boy lilikoi. Sur Around Us et Jónsi qui hurle seul plusieurs minutes, répondant son echo, se trainant par terre jusqu’à se relever rouge pivoine, sans souffle avant de sortir de scène. J’oublie des moments, des silences, des notes tenues, des t-shirt à franges, des plumes, des papillons, j’oublie ma vie qui a défilé devant mes yeux mais je crois que j’en suis arrivé à la part indescriptible de l’expérience.
Reste le rappel, Animal Arithmetic, puis ce mur de son sur la lente monté de Grow Till Tall. Jónsi qui hurle, un orage islandais, beau mais effrayant, qui s’abat sur les écrans, dans la salle et dans ma tête. les larmes et les jambes en coton. C’est fini. Fuck.
Avant de partir avec ma place en poche, j’ai lu dans l’après midi, quelques comptes-rendu de personnes ayant assisté au spectacle et j’avais repéré des remarques parfois excessives du type « Jónsi is a god ». J’ai vu Sigur Rós plusieurs fois en live et ça me paraissait un peu exagéré comme commentaire. Maintenant je suis revenu de ce concert, et je peux l’affirmer, aussi risible que ça paraisse, Jón Þór Birgisson, grand frère de Sigurrós, est Dieu.

(1) Quand on a entendu sa voix résonner sur la place d’Arras pendant le Main Square Festival et coller une baffe à 30 000 personnes venus voir Radiohead, on doutais très peu qu’il puisse en imposer au moins autant dans une aussi petite salle.
Posté le 8 juin 2010 à 00:51 | 9 Commentaires | Classé sous : life, zik

2010, ça à l’air d’une année toute neuve, jeune et fraiche mais je viens d’apprendre que c’est un leurre. En effet, 2010 en fait, c’est une réédition de l’année 2006. 2006 et sa fin d’année maudite que mes oreilles ont passés enchainés à 











